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mardi 1 juin 2010

Moustapha Niasse : DECLARATION


Depuis quelques jours, l’opinion publique sénégalaise exprime son émotion et ses préoccupations devant la gestion que le chef de l’Etat fait, de plus en plus souvent, des relations existant entre notre pays et ses partenaires extérieurs.

La défense des intérêts du Sénégal est une donnée constante tout autant qu’un devoir dans la manière de conduire les destinées d’un pays, dans l’honneur et dans la dignité. Tous les dirigeants du monde sont soumis à cette règle, dont il découle des pratiques, des modalités et des procédures inscrites dans un code de conduite international dont les fondements figurent dans la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques qui engage, dans ses dispositions pertinentes, l’ensemble des Etats qui constituent la communauté internationale.

Sous ce regard, le respect d’autrui commence toujours par le respect de soi-même, tant il est vrai que dans un domaine aussi sensible que la diplomatie les devoirs des uns protègent les droits des autres et inversement, dans un dialogue fécond et mutuellement utile, dans la courtoisie, le respect des règles de bienséance et un humanisme de tous les instants reposant sur les vertus de générosité et de rigueur dans les relations humaines.

Pour le Bureau politique de l’AFP, il ne s’agit pas de vouloir donner des leçons à qui que ce soit dans ce domaine particulièrement singulier. Cependant, il est du devoir des Sénégalais de rappeler, dans le calme et dans la sérénité que la diplomatie ne devrait pas se conjuguer avec la violence. Elle est plutôt consubstantielle d’un échange de raison nourri de convivialité et d’intérêts réciproques. Ces intérêts sont compris, promus, défendus et préservés pour le bénéfice de chaque nation, dans un environnement d’interdépendance que l’avènement de l’ère de la mondialisation vient confirmer dans toutes ses dimensions.

La multiplication récente d’incidents diplomatiques, bruyants, inutiles et couteux, survenant à intervalles réguliers, dans nos rapports avec des partenaires au développement, n’apporte rien de décisif à notre pays, dans son évolution et dans son progrès. Bien au contraire, des situations de cette nature portent préjudice, à des degrés divers, à l’image de stabilité et de responsabilité qui était naguère reconnue à notre pays.



Il est évident que chaque nation membre de la communauté internationale a ses intérêts propres, ses priorités, ses ambitions et ses projets. Ces réalités et exigences n’ont de valeurs intrinsèques que lorsqu’on les situe, au nom du principe d’interdépendance et de souveraineté, dans un esprit de coopération pacifique avec les autres nations, dans le cadre d’une compréhension mutuelle sous-tendue par la reconnaissance des obligations et des droits de chacun..

A peine la clameur provoquée par l’affaire Clotilde Reiss a-t-elle commencé de s’apaiser, voilà que Me Abdoulaye Wade, pour la première fois dans les annales diplomatiques du Sénégal, convoque la presse, y compris la Télévision nationale, et soumet l’Ambassadeur d’un pays partenaire à un exercice médiatique incongru.

Est-ce là la meilleure manière de faire connaitre à un pays partenaire le malaise créé par la publication, par voie de presse, d’une lettre contenant des constats et des recommandations portant sur les règles de bonne gouvernance et de bonne gestion du bien public ? L’usage donne la possibilité au pays qui s’estime lésé d’appeler son Ambassadeur en consultation, selon la formule consacrée, en guise de réaction ; dans un premier temps. A la suite de quoi, des procédures sont prévues dans la pratique diplomatique et peuvent être mises en œuvre, graduellement en fonction de l’évolution du contentieux considéré. Dans tous les cas de figure, il existe, des limites à ne pas dépasser, dans ce domaine.

Au surplus, et dans cette affaire, déclarer que le Sénégal est prêt à renoncer aux financements programmés dans le cadre du MCA, ne saurait relever de la compétence exclusive du chef de l’Etat, lequel a l’obligation de consulter les institutions supposées représenter le peuple.

Dans tous les cas, le Sénégal ne peut se développer aussi longtemps que les principes de transparence et de bonne gouvernance ne permettront pas de conduire une lutte efficace contre la corruption, le gaspillage des deniers publics et un train de vie dispendieux de l’Etat.

En tout état de cause, le Bureau politique de l’AFP tient à souligner, pour l’histoire, qu’aucun Sénégalais ne doit ni ne saurait accepter que l’honneur et la dignité de notre pays soient bafoués ni ses intérêts légitimes mis en cause. Mais la diplomatie a ses règles intangibles et le chef de l’Etat doit apprendre à se tenir et à se retenir.

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