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mardi 24 mars 2009

Moustapha Niasse (Secrétaire général de l'Afp) : ‘Abdoulaye Wade doit démissionner’

Si Moustapha Niasse était à la place de Wade, il aurait dissous l’Assemblée nationale et le Sénat, au lendemain de la claque monumentale reçue au sortir des locales. Mieux que cela, le leader de l’Afp est d’avis que le chef de l’Etat devrait tout simplement rendre le tablier.
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Source : Walf Fadjri



Wal Fadjri : Votre suprématie vient d’être confirmée dans le département de Nioro. Quels sont les premiers enseignements que vous en tirez ?

Moustapha Niasse : Cette victoire éclatante de la coalition Benno Siggil Senegaal dans le département de Nioro, mais aussi sur l’ensemble du territoire national, prouve qu’Abdoulaye Wade doit démissionner à la tête de ce pays, parce que le peuple sénégalais lui a montré qu’il ne veut plus de lui. En tout cas, si j’étais à sa place, j’allais dès demain (l’interview a eu lieu dimanche, Ndlr) dissoudre l’Assemblée nationale et le Sénat et organiser de nouvelles élections. Abdoulaye Wade a trahi le peuple sénégalais, il l’a mis dans une situation catastrophique. Il a plus la maîtrise de la parole et des promesses que de l’action concrète et du résultat. Aujourd’hui, son résultat s’est traduit par une levée de boucliers, par des brassards rouges et des huées. Lui-même l’a reconnu avant de dire qu’il va en tirer les conséquences.

Abdoulaye Wade a une fixation paranoïaque sur le département de Nioro et je pense que c’est une pathologie chez lui, une maladie et je lui conseille d’aller voir un médecin qui pourrait le guérir. Je pense qu’il doit s’occuper de sa ville natale Kébémer au lieu de se préoccuper à chaque instant du département de Nioro. Aujourd’hui, il a déployé beaucoup de moyens dans cette nouvelle commune de Keur Madiabel et je l’ai largué par terre. En tout cas, je n’ai aucune fixation sur les populations de Kébémer ; je les respecte beaucoup et je les considère comme des patriotes.

Wal Fadjri : Comment jugez-vous la défaite de certains responsables du Pds au niveau de leur fief ?

Moustapha Niasse : Mon seul combat politique va à l’endroit d’Abdoulaye Wade et de son gouvernement. Pour dire que je n’ai pas d’autres interlocuteurs qu’Abdoulaye Wade. Non pas pour des raisons personnelles, mais pour des raisons politiques. Je ne parle pas avec Karim Wade, son fils biologique, encore moins avec les subalternes qui sont derrière lui. Mais ce que je peux vous dire sur cette situation, c’est qu’il est vraiment honteux qu’il y ait six ministres dans la ville de Saint-Louis et qu’on les batte là-bas. Ceci prouve qu’ils ne travaillent pas. Ils sont tous des hommes sans dignité qui profitent de l’argent des Sénégalais pour régler leurs propres intérêts.

Wal Fadjri : Me Wade a annoncé récemment que vous étiez vieux et qu’il fallait l’accompagner à la retraite…

Moustapha Niasse : (Il nous coupe) Abdoulaye Wade a la hantise d’un rival en puissance, il est comme le Dieu Chronos qui mangeait ses enfants, mais ce ne sera pas le cas avec moi. Je viens d’avoir 72 ans et lui roule sur les 83 ans, d’après ses dires, mais tous les Sénégalais savent qu’il a dépassé cet âge. Nous sommes là pour mener un combat juste et noble que tous les Sénégalais apprécient, alors nous allons le continuer jusqu’au bout. Ce ne sont pas les paroles d’Abdoulaye Wade qui nous feront reculer. J’ai entendu qu’il a annoncé qu’il va arrêter le signal de toutes les radios qui ne seront pas en règle. Je lui demande d’arrêter son jeu. Il est habitué à leurrer les Sénégalais à la suite de chaque événement. Il veut que les Sénégalais oublient sa lourde défaite, c’est pourquoi il a essayé de poser un autre débat. Alors, comme il a accepté qu’il est à la retraite, il doit démissionner, encore une fois, pour sauver la vie des Sénégalais qui vivent dans des conditions misérables.

lundi 23 mars 2009

Une décision à la con, la honte…

Menaces de suspension de radios et télés privées : La blague de mauvais goût de l'Artp


Le gouvernement du Sénégal, par la voix de son porte-parole, s'est opposé à la décision annoncée hier de l'Agence de régulation des télécommunications et des postes (Artp) de suspendre les fréquences des radios et télés qui ne se seraient pas acquittées de leurs obligations financières. Mais, avant d'être rappelée à l'ordre par la tutelle, l'Artp a créé, en l'espace d'une demi-heure, un petit séisme dans les rédactions.
Comme une mauvaise farce, la nouvelle est tombée à 22 h, en pleine ambiance électorale : ‘Les stations de radiodiffusion et de télévision n’étant pas en règle vis-à-vis de leurs obligations financières verront leurs autorisations de fréquence suspendues à partir de lundi pour une durée de 45 jours’. L'Artp, qui a justifié ces mesures par le non paiement des redevances dues au titre des fréquences, malgré plusieurs mises en demeure restées sans effets, menaçait même de mettre ’’sous-scellé’’ les ‘appareils radioélectriques des stations concernées’’.

C'est le branle-bas de combat. Sidy Lamine Niasse, patron de Wal Fadjri, monte au créneau. En direct, sur le plateau de Walf Tv, il exprime son indignation face à la tentative de bâillonner l'audiovisuel privé. Le rapprochement est vite fait entre la décision de l'Artp et les premières tendances du scrutin d'hier défavorables au pouvoir en place et relayées par les radios et télés privées. La brutalité de la mesure suscite même l'étonnement des autorités publiques. Le vice-président de l'Assemblée nationale, Iba Der Thiam, déclare la mesure de l'agence de régulation inopportune et demande le report de son application. Le ministre de l’Information, des Télécommunications, des TIC et porte-parole du gouvernement, Abdoul Aziz Sow, exprime sa surprise et se désolidarise de l'Artp. Il rappelle que l'Etat, comme tous les citoyens sénégalais, a été mis devant le fait accompli et qu'il n'est, ni de près ni de loin, avec cette décision. Finalement, l'Artp a réussi une chose : faire l'unanimité contre elle.

A. R. MBENGUE

lundi 5 janvier 2009

En attendant d'intégrer And Siggil Senegal : Macky Sall noue alliance avec Moustapha Niasse

L’Apr/Yaakaar est en passe d’intégrer la coalition And Siggil Sénégal. Même si Macky Sall refuse, pour le moment, de l’annoncer officiellement. L’Ap/Yaakaar et son leader ont déjà fait les premiers pas, en allant à la rencontre de Moustapha Niasse, hier, au siège de l’Afp.

‘L’Apr/Yaakaar n’est pas encore membre de la coalition And Siggil Sénégal. C’est le premier (rencontre Macky Sall - Niasse) pas et le second va suivre. Pour le moment, l’enjeu est de bâtir une grande coalition de l’opposition pour gagner les locales. Nous sommes en train de discuter pour la création de cette nouvelle convergence’, a répondu Macky Sall, à la question relative à une éventuelle intégration de son parti dans And Siggil Sénégal. Comme pour confirmer les propos de son hôte, Moustapha Niasse précise : ‘Ne nous trompons pas, nous ne sommes pas une coalition. Ce sont deux partis qui ont décidé de travailler main dans la main, dans la même dynamique qu’And Siggil Sénégal. C’est la même dynamique que Talla Sylla dont le parti est membre de la coalition And Siggil Sénégal a initiée avec les partis membres du Pôle républicain qui ont eu des rencontres avec And Siggil Sénégal’.
Toutefois, en perspective des prochaines élections locales, l’Afp et l’Apr/Yaakaar ont, au sortir de cette rencontre, situé leurs échanges, à travers une déclaration commune, ‘dans le cadre de la dynamique de concertations pour une coalition la plus large des partis de l’opposition’.

Les deux délégations (Afp et Apr/Yaakaar) considèrent que les enjeux de ces élections dépassent ceux relevant de l’objectif normal de la recherche du contrôle du plus grand nombre de collectivités locales. Car ‘la configuration nouvelle qui en découlera pèsera, sans nul doute, sur d’autres échéances’, indique le porte-parole du jour des deux partis, Me Djibril War. Et c’est pourquoi, renseigne-t-il, ‘elles ont décidé de mettre en place des mécanismes et des procédures qui permettront une coopération fonctionnelle et fructueuse dans la gestion du dossier de la participation de l’opposition aux élections locales de mars 2009, dans le cadre des formules et projets présentement en discussion’.

Dans la même optique, Moustapha Niasse et Macky Sall ont pris la résolution de se ‘tenir la main et d’apporter ainsi, ensemble, leur contribution au vaste mouvement des forces de l’opposition qui, en jonction avec le peuple, va mettre fin à la régression économique, aux injustices et à l’impunité’. Ainsi ont-ils décidé, entre autres, de consolider leurs relations bilatérales par de larges et régulières’ concertations sur les grandes questions économiques, politiques et sociales qui interpellent le Sénégal, de prendre les dispositions ‘utiles’ pour une mise en perspective de leurs convergences et le renforcement de la solidarité entre les deux parties. Mais aussi, d’intégrer les éléments communs des programmes respectifs des deux partis pour la réalisation de ‘leur ambition légitime pour le Sénégal’. Aussi, les deux délégations ‘ont réaffirmé leur vision commune pour la réalisation d’une ambition légitime vers un développement équilibré et durable du Sénégal et pour des options politiques mettant en avant l’unité nationale ainsi que les valeurs morales et éthiques’, ajoute Djibril War. src="http://www.teliad.fr/gfx/fr/banner/logo_01_5.gif"
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Analysant la situation économique, financière politique et sociale du pays, Niasse et son nouvel allié constatent qu’elle ‘fait de l’existence quotidienne des Sénégalais un enfer épouvantable qu’ils ne pourront pas supporter indéfiniment’. Selon eux, ‘la gravité’ de la situation du pays découle des menaces de rupture de sa stabilité dans ‘l’accomplissement de son destin’.

Pire, ‘les équilibres qui fondent les bases de notre pays, sa stabilité dans l’accomplissement de son destin dans la marche de l’humanité, ne sont plus seulement menacés. Ils sont en voie d’être rompus et pour longtemps’, ont-ils remarqué. L’Afp et l’Apr/Yaakaar condamnent, dans la foulée, ‘l’effondrement de l’Etat et des institutions de la République’. Lequel résulte, disent-ils, ‘de la violation systématique des normes les plus élémentaires d’une bonne gestion de la vie publique’. Sur le même registre, les deux anciens Premiers ministres de Wade fustigent ‘les manipulations répétées de la Constitution opérées par le chef de l’Etat à des fins de règlement de comptes. Et dans le but de préparer la dévolution du monarchique du pouvoir’.

Yakhya MASSALY