Invité des 15es Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, tenues du 3 au 5 juillet, l’économiste Kako Nubukpo, ancien ministre togolais de la prospective, revient sur l’urgence de revoir l’arrimage à l’euro du franc CFA (Communauté financière africaine), la monnaie des pays de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale. Seize pays dont la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, le Togo et le Gabon utilisent cette monnaie créée en 1945. Le franc CFA a une parité fixe avec l’euro et les pays de la zone franc ont l’obligation de déposer 50 % de leurs réserves de change auprès du Trésor public français. Selon un rapport de la zone franc, la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique centrale) et la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest), les deux banques centrales de la zone franc, disposaient en 2005 de plus de 3 600 milliards de francs CFA (environ 72 milliards d’euros) auprès du Trésor français. Pour Kako Nubukpo, rien n’empêche les pays concernés d’en faire usage pour accompagner leur croissance.
Le franc CFA est-il un frein au développement des pays africains qui l’utilisent ?
La monnaie doit être au service de la croissance et du développement. Pour cela, il faut des crédits. Or le ratio crédit à l’économie sur PIB dans les pays de la zone franc est de 23 % quand il est de plus de 100 % dans la zone euro. [Si bien qu’il] est quasiment impossible pour nos pays de rattraper les économies émergentes si le franc CFA reste arrimé à l’euro. Ne faut-il pas envisager des régimes de change alternatifs un peu plus flexibles pour financer l’émergence ?
Lire aussi : Pourquoi un débat scientifique sur le franc CFA est-il tabou ?
Si cet arrimage était une garantie de stabilité monétaire dans la zone franc et qu’en contrepartie, ces pays avaient des taux de croissance relativement faibles, on pourrait considérer que l’arbitrage fait à la création du franc CFA en 1945, confirmé à la création de l’euro en 1999, a son sens. Mais on voit bien avec le cas de la Grèce qu’une économie faible qui a une monnaie forte engendre des ajustements très difficiles à soutenir. Comment pouvons-nous avoir un discours crédible sur l’émergence si nous ne touchons pas aux outils dont nous disposons ? Il faut revoir l’arrimage fixe du franc CFA à l’euro, si nous voulons développer nos économies.
Quelle est votre solution, sortir de la zone franc ?
Nous pouvons au moins procéder par étapes. Il faut remettre sur la table les objectifs des deux banques centrales d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale ainsi que leur capacité à financer la croissance économique et évaluer la qualité de leur gestion monétaire. Qu’est-ce qui empêche d’ouvrir ce débat ? La seconde étape consisterait à modifier le régime de change pour aller vers un régime plus flexible avec, par exemple, un arrimage du CFA à un panier de devises. Cela va supposer de revoir le dispositif institutionnel. Aujourd’hui, le franc CFA via son rattachement à l’euro est beaucoup plus déterminé par les événements au sein de la zone euro que par la conjoncture au sein de la zone franc. C’est une hérésie !
Lire aussi : Un nouvel indicateur africain pour une croissance juste
Mais les 16 pays de la zone franc ont-ils la capacité d’avoir une monnaie unique autre que le CFA ?
« Le franc CFA via son rattachement à l’euro est beaucoup plus déterminé par les événements au sein de la zone euro que par la conjoncture au sein de la zone franc. »
Il n’est même pas nécessaire d’aller jusque-là. Ce qu’il faut, c’est que les dirigeants africains fassent preuve de responsabilité et ouvrent le débat sur la gestion monétaire. C’est un exercice démocratique auquel nous devons tous participer. Les gouverneurs de nos banques centrales doivent expliquer les fondements de leur politique monétaire, comme le font tous les gouverneurs de banques centrales. Je n’ai jamais entendu le gouverneur de la BCEAO ou de la BEAC s’exprimer devant un parlement quelconque. Dans l’absolu, ce n’est pas impossible d’avoir une monnaie qui nous soit propre, puisqu’il s’agit d’un élément de la souveraineté nationale. Les autres pays africains ont leur propre monnaie, cela ne pose aucun problème.
Pourquoi ce débat sur le franc CFA et sa parité fixe à l’euro est tabou ?
« On ne peut pas en même temps revendiquer notre indépendance et attendre que ce soit l’ancien colonisateur qui nous donne l’autorisation d’agir. »
Les termes du débat sont parfois mal posés. Certains en parlent en termes de panafricanisme ou de revendication identitaire. C’est une approche contre-productive. Nous devons d’abord définir le modèle de société que nous voulons construire. Cela permettrait de dépassionner le sujet. A quoi cela rime-t-il de bomber le torse en prétendant avoir une nouvelle monnaie que nous serons incapables de gérer ? Tout n’est pas mauvais dans la situation actuelle : la centralisation des réserves de change, par exemple, est une forme de solidarité entre les Etats qu’il est important de préserver.
Lire aussi : Au Cameroun, la montée d’un sentiment anti-français
La question de la souveraineté qui sous-tend ce débat est plus que légitime. Car, il est inconcevable que 55 ans après les indépendances, les pays de la zone franc continuent d’avoir une monnaie physiquement fabriquée en France, d’avoir leurs réserves de change déposées auprès du Trésor public français. Mais il ne faut pas penser que la monnaie est l’alpha et l’oméga du processus de développement et de croissance de l’Afrique. Il y a des questions liées à la gouvernance et à la démocratie, à la productivité et à la compétitivité que nos pays doivent résoudre.
La France a-t-elle intérêt à faciliter l’ouverture de ce débat ?
Mais la France a officiellement ouvert le débat, si l’on s’en tient aux déclarations de François Hollande, en octobre 2012, à Dakar, où il encourageait les gouverneurs de nos banques centrales à utiliser de façon plus active les réserves de change dont les Etats de la zone franc disposent auprès du Trésor public français. Peut-on demander plus ? On ne peut pas en même temps revendiquer notre indépendance et attendre que ce soit l’ancien colonisateur qui nous donne l’autorisation d’agir. C’est à nous de demander à utiliser de ce qui nous revient. C’est seulement s’il y a blocage que nous pourrions faire un procès d’intention à la France.
Pourquoi, selon vous, les pays de la zone franc n’utilisent pas les quelque 3 600 milliards de francs CFA (rapport de 2005) dont ils disposent auprès du Trésor public à Paris ?
C’est ce que j’appelle la servitude volontaire. Personne n’interdit à nos pays d’utiliser le volet excédentaire des réserves de change pour financer la croissance. L’accord signé avec la France en 1945, dans le cadre du fonctionnement du compte d’opérations avec le Trésor, était qu’elle couvre l’émission monétaire des pays de la zone franc à hauteur de 20 %. Aujourd’hui, nous la couvrons quasiment à 100 %. Cela veut dire que nous n’avons plus besoin de l’« assureur » qu’est la France pour avoir la fixité entre le CFA et l’euro. Les dirigeants africains doivent prendre leurs responsabilités. C’est à nous d’assumer notre destin, ce n’est pas à la France de le faire pour nous.
Raoul Mbog Aix-en-Provence, envoyé spécial
lundi 27 juillet 2015
samedi 23 mai 2015
Enfin l'energie faut bien la gerer
La production de l’or noir pourrait commençer en 2017-2018. C’est ce qui ressort du salon international de l’énergie et du pétrole ouvert hier à Dakar. Une aubaine pour le Sénégal, car de l’avis des experts, les prix des produits pétroliers pourront connaître une baisse, en outre cette activité va générer beaucoup d’emplois.
Après avoir dévoilé son programme triennal et estimé à plus d’un milliard le nombre de barils de pétroles contenus dans ses blocs au large du Sénégal, Cairn energy annonce aujourd’hui la date de production de ce pétrole. «La découverte est tellement importante qu’il faut passer à la production. En 2016 au plus tard 2017-2018, nous passerons à la production», annonce Mesmim Samba Koubonga, manager à Intercontinental des services (Ics). Ce manager dont une partie du personnel de sa société, Ics faisait partie de l’équipe du bateau qui a découvert ce pétrole, est très optimiste. Qualifiant cette découverte, il souligne qu’elle sera également exploitable sur une longue durée.
M. Koubonga qui capitalise 16 ans d’expérience dans le domaine pétrolier a aussi affirmé que le pétrole découvert sur les côtes «pourra largement contribuer à baisser le prix du pétrole surtout que le Sénégal dispose d’une raffinerie. Mais aussi il va permettre au pays d’élargir la production de la raffinerie afin que les coûts du pétrole et de l’énergie puissent baisser».
Au-delà de la baisse des prix, l’exploitation de ce pétrole pourrait contribuer en grande partie à résorber le chômage des jeunes, car ce secteur, de l’avis de M. Koubonga, génère beaucoup d’emplois. Mais avant cela, faudrait-il que notre pays dispose de ressources humaines qualifiées dans le domaine des forages et du pétrole pour gérer la phase d’exploitation. Le Sénégal pourra ainsi compter sur la société Ics présente dans plus de 10 pays dont le Sénégal, spécialisée dans le mand power, c’est à dire la mise à la disposition de personnel qualifié et certifié dans les domaines des forages et la production du pétrole.
Quant à la Société africaine de raffinage (Sar) qui semble se préparer à cette éventualité, elle a décidé cette année, d’augmenter la capacité de raffinage pour aller à un million de tonnes. «L’année prochaine, nous prévoyons de faire l’extension qui va nous permettre de porter la capacité à 1,5 million de tonnes et avant 2020, nous allons réaliser l’extension complète pour faire une raffinerie aux standards internationaux qui produira 3 millions de tonnes l’année», annonce Abdoul Aziz Dème, chef de département à la Sar. La société qui fait un clin d’œil à la société Cairn déclare qu’il est en train de voir comment faire pour pouvoir traiter ce pétrole. En effet, souligne M. Dème, «il ne serait peut-être pas réfléchi d’aller chercher du pétrole ailleurs quand on peut l’avoir chez soi».
Ce 13ème salon est une occasion pour les participants de parler des complémentarités entre les énergies. Les découvertes récentes de pétrole au Sénégal en off shore et aussi des perspectives de découverte au Nord à Saint-Louis, mais aussi tous les projets de production d’énergie seront au cœur des débats en passant en revue l’ensemble des énergies et l’ensemble des contributions de ces énergies au développement du Sénégal.
Ngoundji DIENG
mardi 19 mai 2015
Réhabilitation progressive d’un ancien Premier ministre : Idrissa Seck, un come-back qui intrigue au plus haut sommet de l’Etat
Idrissa seck. Ce nom avait fait chanceler en son temps, le pouvoir d’Abdoulaye Wade dont il a été l’ancien Premier ministre, un homme de confiance devenu ennemi public Numéro 1. Aujourd’hui, c’est le successeur de Wade que Idrissa Seck empêche de sommeiller. Retour sur une stratégie de reconquête du pouvoir que le président Macky Sall et ses proches surveillent comme du lait sur le feu. Un feu qu’il ne souhaiterait pas voir couver, au point de compromettre le fauteuil sur lequel il est installé, voilà trois années déjà.
Idrissa Seck, un silence assourdissant !
«Emmuré depuis des mois dans un profond silence qui a fini par en intriguer plus d’un, Idrissa Seck est malgré tout, l’un des hommes politiques les plus surveillés et les plus épiés du pays. Ses moindres gestes et déplacements sont signalés et le pouvoir, par le biais de ses services de renseignements, lui a collé des barbouzes et des mouchards infiltrés qui le tracent et le filent à chaque instant», écrit le quotidien Rewmi qui revient sur le regain d’intérêt que suscite l’ancien maire de Thiès, Idrissa Seck qui a été le premier membre de la coalition Benno, à tourner le dos à Macky Sall.
Depuis lors, ses sorties se font rares. Mais quand l’occasion lui en est donnée, il tire et atteint sa cible, laissant sur son passage des victimes qui ne sont autres que le président Macky Sall et son entourage qu’il discrédite auprès de l’opinion. «Quand je parle, il (Macky) m’entend», déclarait le président de Rewmi décrit comme «le politicien sénégalais le plus futé, mais aussi le plus sournois, après Senghor et Wade». Car ses coups, personne ne les voit venir, on s’y prend au dépourvu. Comme lorsqu’il met l’opinion devant le fait accompli, en s’invitant dans le Fouta, le fief de Macky Sall où sa dernière tournée politique a connu un succès ces dernières semaines, avec des ralliements que Macky Sall ne devrait pas sous-estimer. Alors, conscients des dangers que peut susciter un passage de l’ «ouragan» Seck chez les chefs religieux du Fouta dont certains ont exprimé leur déception du pouvoir actuel, Macky Sall et ses hommes ont riposté, par un marquage à la culotte destiné à réparer les «erreurs du premier mandat» et tenter de reconquérir des populations manifestement séduites par le discours actualisé d’un homme pas tout à fait nouveau dans le landernau politique. Un ancien Premier ministre dont le come-back intrigue au plus haut sommet de l’Etat.
Réconciliation avec des foyers religieux jadis hostiles
«A y regarder de très près, l’on ne peut s’empêcher de comprendre le bien fondé de la prudence voire de la peur du pouvoir envers Idrissa Seck. Qui continue de tisser sa toile à l’étranger et à travers tout le Sénégal, allant jusqu’à marcher sur les plates bandes de Macky Sall sur ses terres du Fouta. Et pour l’instant, cette méthode, qui allie communication in media et communication hors media, est en train de porter ses fruits. Car, il ne se passe un jour sans que la presse ne mentionne des ralliements à la cause de Idy, compte non tenu de l’entreprise de sape que ce dernier mène en sourdine, pour discréditer le successeur de Wade auprès des populations. Et là aussi, la stratégie de l’ancien Premier ministre est aussi efficace que subversive. L’homme tente (avec succès) de se réconcilier avec des entités sociologiques qu’il croyait lui être hostiles. C’est le cas des disciples mourides qui lui en veulent, à tort ou à raison, depuis la mort de Khadim Bousso en 2002. Les médias ont rapporté l’information jamais démentie et selon laquelle, M. Seck a fait allégeance (dieboulou) à Cheikh Sidy Mooukhtar Mbacké. Une nouvelle posture qui a fait grimper sa cote de popularité à la bourse des valeurs des disciples de Bamba, au point d’inquiéter au plus haut point le pouvoir qui n’ignore pas la force électorale, mais surtout financière de cette communauté», renchérit le journal, qui n’est pas loin de suspecter une connexion entre Idrissa Seck et l’opposition fédérée autour du Pds, pour le rendez-vous de 2017. «C’est l’éventualité d’une alliance entre Rewmi et les libéraux qui suscite le plus de crainte chez les militants et responsables de l’Apr. Et pour cause, dans l’impossibilité plus que probable de voir Karim Wade participer à la prochaine présidentielle, le parti de Wade pourrait se rabattre sur un autre candidat capable de battre Macky Sall. Et nul doute que, face au manque de charisme des autres responsables du Pds et à l’impréparation des autres leaders de l’opposition, le chantre des «grappes de convergence» aura le meilleur profil.
2017, la revanche sur Wade et Macky?
Reste à savoir si d’ici à 2017 (ou 2019 ?), Idrissa Seck réussira à conserver tout le capital de sympathie dont il bénéficie de nos jours auprès de nombreux Sénégalais, consécutivement aux tâtonnements du pouvoir de Macky Sall et aux erreurs de stratégie de Me Abdoulaye Wade. Deux constats qui ont fini par écorner l’image du président de la République et celle de son prédécesseur auprès des électeurs», conclut le confrère.
lundi 9 mars 2015
Le Franc CFA pour les nuls
Dans cet article nous allons essayer de résumer les arguments présentés dans l’excellent livre de Nicolas AGBOHOU, livre intitulé « Le franc CFA et l’euro contre l’Afrique ».
Nous éviterons de nous attarder sur les détails techniques, afin de rendre l’article compréhensible par un public large. Nous vous recommandons fortement de lire le livre du professeur AGBOHOU pour approfondir sur le sujet.
1) origine du Franc CFA
La signification du franc CFA a évolué avec le temps, en fonction des contextes politiques, toujours dans le souci d'endormir les africains. Le franc CFA a été créé le 25 Décembre 1945 par un décret signé par trois français : Charles De Gaulle (président du gouvernement provisoire) ; René Pleven (Ministre des Finances) ; et Jacques Soustelle (Ministre des colonies). La signification du franc CFA était alors Franc des Colonies Françaises d'Afrique.
Aujourd'hui franc CFA signifie franc de la Communauté Française d'Afrique. On joue sur les mots pour mieux cacher la réalité qui pourrait choquer. Nous préférons la première dénomination, car c’est celle qui d’après nous reflète le mieux la réalité.
A l'époque où Rome colonisait la Gaule (actuelle France), l’empereur romain Jules César, suite à une bataille qui opposa son armée aux Gaulois portés par Vercingétorix, dit ceci des Gaulois : « c’est une race d’une extrême ingéniosité et ils ont de singulières aptitudes à imiter et à exécuter ce qu’ils voient faire des autres ». Jules César n'avait pas tout à fait tort.
En ce qui concerne le CFA, les français n'ont pas imaginé eux-mêmes ce mécanisme. C'est un procédé qui leur a été appliqué par les allemands lorsque les français étaient sous leur occupation entre 1939 et 1944. Les allemands, dès l'occupation de la France et des pays d'Europe inventèrent des monnaies locales (Deutsch des territoires occupés) qu'ils associèrent au vrai Deutsch mark (monnaie allemande de l'époque). Les allemands ont mis en place ces monnaies, avec un mécanisme qui permettait à l'Allemagne nazi le pillage en règle des territoires occupés. A la fin de la guerre (1945), la France ne s'est pas gênée: elle a copié exactement le mécanisme nazi, qu'elle a appliqué à ses colonies d'Afrique; et ça dure jusqu'à nos jours.
Le premier à avoir écrit sur le CFA et dénoncé cet outil de pillage de l’Afrique dite francophone fut le docteur en économie camerounais du nom de Tchuindjang Pouemi. Il a écrit en 1983 un livre intitulé Monnaie, servitude et liberté. La répression monétaire de l’Afrique. Peu de temps après ce livre il est décédé dans des circonstances douteuses. Assassinat en règle par la France ou simple coïncidence? A chacun de juger. Depuis ce fut un silence de mort. Personne n'avait plus osé écrire de manière critique sur le franc CFA, jusqu'à ce que le professeur Nicolas AGBOHOU nous gratifie en 2008 de son ouvrage intitulé Le franc CFA et l’Euro contre l’Afrique.
Notre recherche de documentations sur le franc CFA nous a permis de trouver deux autres livres : Le franc CFA, d’où vient-il, où va-t-il ?, du congolais Serge Ikiemi ; et Le franc CFA : Pourquoi la dévaluation de 1994 a tout changé, du journaliste français Rémi Godeau. Ces deux derniers livres se contentent de décrire les mécanismes de fonctionnement de franc CFA, sans véritablement proposer d’analyses critiques, contrairement au livre de Nicolas AGBOHOU.
2) Le fonctionnement du CFA et les règles de base
Dans un souci de faire comprendre à un public large, nous allons expliquer de manière simplifiée le fonctionnement du franc CFA, sans plonger dans les détails. Les mécanismes de base du fonctionnement du franc CFA sont simples. Il y a trois acteurs en jeu:
- Les pays Africains soumis à l’utilisation du franc CFA ;
- La France ;
- Et le reste du monde.
Enfin il y a ce que l'on appelle "Compte d’opérations". Le Compte d’opérations est un Compte bancaire ouvert auprès de la Banque de France pour chaque pays qui utilise le franc CFA. Lorsque la France veut des biens de pays africains, elle imprime le CFA (à Clermont Ferrant en France – et les pays africains payent pour les frais d’impression) et vient récupérer les vrais biens des pays africains avec ce papier. Ensuite la France écrit sur les Comptes d’opérations un crédit équivalent (en gros la France prend les biens des pays africains et écrit sur une ligne d’ordinateur que ces pays ont du crédit auprès de la banque de France). Ce papier dénommé franc CFA n'est utilisable qu'auprès de la Banque de France.
Lorsque les pays africains veulent acheter les biens en France, ils se pointent avec ce papier à la Banque de France, et la banque de France leur donne des euros pour acheter chez eux (le compte d’opérations est débité si nécessaire). Lorsque les pays africains veulent acheter ailleurs qu’en France ils vont demander des dollars auprès de la Banque de France. Après toutes les pressions politiques imaginables, lorsque la France accepte de leur donner les devises, un ajustement (débit) est effectué sur leurs comptes d’opérations si nécessaire.
Lorsqu'un acteur quelconque vient acheter les matières premières africaines (c'est l’essentiel de ce que les africains ont à vendre pour l'instant), il les paye en dollars. Pour l’Afrique centrale, 60% de ces dollars sont purement et simplement récupérés par la Banque de France, et seulement 40% descendent en Afrique. La France écrit alors dans les comptes d’opérations des pays africains qu’ils ont l’équivalent des 60% de crédit en plus. Pour l’Afrique de l'ouest c'est 50% (restent à la Banque de France) et 50% descendent en Afrique. Officiellement la France retient cet argent pour garantir le taux de change Fixe 1€=655fcfa. D'abord on nous dit que le taux est Fixe, ensuite on apprend qu'en réalité ça ne l'est pas. Les acteurs économiques dans le monde ajustent en fonction de la valeur réelle de biens des africains. Lorsqu'ils s'apprécient, la France crédite les comptes d’opérations, et lorsqu'ils se déprécient la France débite les comptes d'opérations.
En réalité il n y a pas de taux fixe, les pays africains payent pour maintenir ce taux fixe artificiel ; parité qui n’est pas nécessairement dans l’intérêt des pays africains, comme nous expliquerons plus bas. Dans le livre d'AGBOHOU il est dit que les comptes d'opérations pour la seule zone de l’Afrique centrale présentaient un solde créditeur de 4 311.7 milliards F CFA en fin Mars 2007.
La France y a accumulé une fortune qu'elle utilise pour elle, n’a jamais rien restitué aux africains, et se contente d'écrire sur un écran d'ordinateur (compte des opérations) qu'elle leur doit, et que les africains peuvent acheter des biens en France. En plus de prendre gratuitement (sans débourser tout de suite) les biens africains avec son CFA, la France utilise les devises extérieures africaines du compte d'opérations pour son fonctionnement, place une partie de cet argent sur les marchés financiers, en reçoit les intérêts, prête une partie de ces intérêts gagnés sur leur argent, aux africains. Ensuite la France bat tambour dans ses médias et ceux africains qu'elle les aide. Pour cela elle a toute une artillerie de structures: agence française du développement,...
Pendant que les africains manquent des infrastructures, qu’ils cherchent des devises pour les construire, la France utilise grassement leur argent du compte des opérations, qui ne cesse de s'accumuler. Il faut être rêveur pour espérer que la France rendra aux africains 1 centime de cet argent un jour.
Voilà résumé le fonctionnement du CFA. A retenir: la France obtient les matières premières des pays africains sans débourser la moindre devise; si la France n'a rien qui intéresse les pays africains alors les matières premières qu'elle leur prend sont gratuites pour la France. Plus les pays africains exportent à l'étranger, plus ils enrichissent la France: 60% de leurs exportations pour l'Afrique centrale, et 50% pour l'Afrique de l'ouest sont purement et simplement retenus par la France. Le solde des avoirs extérieurs africains ainsi « rackettés » par la France cumulait à 4 311.7 milliards F CFA en fin Mars 2007, et ceci uniquement pour la zone BEAC (Afrique centrale). Les africains ne sont pas libres d'acheter ce qu’ils souhaitent où ils veulent dans le monde, car il faut que les africains passent par la France pour les devises. Tout ce que la France ou l'union européen appelle "aide" n'est en réalité qu'une partie de l’argent des africains du compte d’opérations, que la France leur prête à des taux d'intérêt non nuls. S'il y a quelque chose à retenir du FCFA c'est ce dernier paragraphe.
3) Les institutions du franc CFA et l'économie locale
Bien qu'ils portent le même nom, les franc CFA des différentes régions (Afrique centrale, Afrique de l'ouest et Comores) ne sont pas convertibles entre eux. Si un camerounais veut acheter de la marchandise en côte d'ivoire, il doit aller convertir son CFA en France contre l'euro, acheter les CFA de l'Afrique de l'ouest et aller acheter en Côte d'ivoire.
Officiellement le CFA de chaque zone est géré par la banque centrale de ladite région, et chaque Banque centrale est libre dans la prise de ses décisions. Ce qui pourrait laisser penser que ces banques sont libres de manipuler le franc CFA dans l'intérêt de leurs peuples. C’est malheureusement Faux. En effet La France s'est arrangée pour contrôler aussi les Banques centrales des pays africains qui utilisent le franc CFA. En Afrique centrale, le conseil d’administration de la banque centrale (BEAC) est constitué de 13 membres, dont 3 français désignés par le gouvernement français. En Afrique de l’ouest le conseil d’administration de la banque centrale (BCEAO) est constitué de 16 membres, dont 2 français désignés par le gouvernement français. Aux Comores le conseil d’administration de la banque centrale comorienne (BCC) est constitué de 8 membres, dont 4 français désignés par le gouvernement français.
En Afrique centrale, le conseil d’administration de la BEAC « délibère valablement lorsque au moins 1 administrateur par état membre et 1 administrateur français sont présents ou représentés ». Ce qui signifie, en reprenant les termes mêmes du professeur AGBOHOU, qu’il suffit pour la France de pratiquer la politique de la chaise vide (n’envoyer aucun de ses membres aux réunions de prise de décisions) pour bloquer toutes les affaires des six pays membres de la BEAC.
En Afrique de l’ouest les statuts de la BCEAO stipulent que pour que des décisions soient prises au conseil d’administration elles « doivent recueillir l’unanimité des membres du conseil d’administration ». Or comme dit plus haut la France compte 2 membres au conseil d’administration.
Dans les Comores, le conseil d’administration de la BCC « délibère valablement lorsque au moins six de ses membres sont présents ou représentés. Les délibérations doivent être adoptées par 5 au moins des membres présents ou représentés ». Or comme expliqué plus haut ce conseil d’administration est constitué de 4 comoriens et 4 français.
On constate donc que par ces dispositions statutaires la France dispose d’un droit de veto au sein de chacune des banques centrales des 3 zones CFA, sans qu’aucun pays africain n’ait réciproquement de regard sur la politique monétaire française. Par ce veto nombre d’avantages promis aux africains concernant le CFA ne peuvent pas être concrétisés, car la France mettra toujours et logiquement son veto pour éviter par exemple des opérations de création monétaire (Quantitative Easing), ou que les comptes d’opérations passent durablement en négatif, ce qui irait contre les intérêts de la France.
La conséquence de ce droit de veto c'est que les pays africains ne peuvent même pas utiliser cette monnaie (prêts aux entreprises, Quantitative Easing, dévaluation, surévaluation, ...) pour booster leurs économies. De nos jours la politique monétaire est un outil indispensable pour piloter l'économie. En l'occurrence la structure économique des pays africains qui utilisent le CFA voudrait que leur monnaie soit moins forte que la valeur actuelle du franc CFA arrimé à l’EURO. Pour se permettre une monnaie forte un état devrait avoir une économie qui produit des biens très hauts de gamme, rares ou difficilement « concurrençables ». En Europe il n y a que l’Allemagne qui peut se permettre le luxe de l'euro fort tel qu'il est actuellement.
Ça fait 1 dizaine d'années que la chine (2ème économie mondiale) est accusée de volontairement garder sa monnaie basse. Les Etats-Unis ont laissé chuter le dollar et ne font rien pour le relever. Dans ce contexte, on impose aux économies comme celles africaines, qui ne produisent pas de biens hauts de gamme une monnaie arrimée à l'Euro, que l’on s’obstine à maintenir à une parité fixe (1euro = 655 FCFA). C'est une aberration, mais tant que cela arrangera la France, à moins que les africains contraignent la France à lâcher l'étau autour de leur cou, la France ne permettra jamais que cela change. Si l’Afrique de développe économiquement et prend son destin en main, la France se retrouvera certainement dans une situation économique alarmante. La France vit de l'exploitation de l’Afrique. Ce n'est pas nous qui le disons, mais l'ex président français Jacques Chirac dans une de ses interviews après sa retraite.
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Références :
IKIEMI Serges, Le franc CFA, d’où vient-il ? Où va-t-il ?, l’Harmattan, 2010.
AGBOHOU Nicolas, Le franc CFA et l’EURO contre l’Afrique, Editions Solidarite mondiale, 2008.
GODEAU Rémi, Le franc CFA, pourquoi la dévaluation de 1994 a tout changé, Septa, 1995.
TCHUINDJANG POUEMI Joseph, Monnaie, servitude et liberté. La répression monétaire de l’Afrique, Cameroun, Edit. J. A., 1985.
lundi 26 janvier 2015
Le fruit du baobab, l'aliment qui séduit déjà les Anglais pourrait être la star de 2015
Il fait fureur en Angleterre. Le fruit du baobab est, après le kale l'an dernier, et la baie de goji l'année d'avant, l'aliment qui pourrait être, selon The Telegraph, la star de 2015. Oui, le fruit du baobab, extrait des pousses de ce arbre massif qu'on trouve en Afrique et dans certaines régions d'Australie.
En plus d'avoir un goût agréable, ce petit fruit serait tout à fait avantageux pour la santé et le bien-être. Les Anglais ne s'y trompent pas. Selon nos confrères du Huffington Post UK, le baobab s'est déjà fait une place dans les plats préférés et dans les salons de thé des Britanniques.
Mais qu'est-ce que c'est ?
Le fruit du baobab, tout simplement appelé "baobab" chez les Anglais, est surnommé "pain de singe" en français car il serait aussi acide pour les hommes que pour les singes. Il est entouré d'une coque dure qui peut mesurer jusqu'à 30 centimètres de long:
Qu'est-ce qui le rend si attirant ?
Notamment qu'il soit bourré de calcium, vitamine C, potassium, fibre, vitamine B6 ou encore de thiamine... Il est également extrêmement riche en antioxydants, qui ont des vertus médicales reconnues. Il en possède par exemple plus du double par gramme que la baie de goji, l'un des fruits phares des deux dernières années, et plus que myrtilles et grenades combinées.
"Le baobab est un aliment cru 100% naturel, riche en nutriments, avec un goût unique proche d'un sorbet citronné", explique au Huffington Post UK Tipper Lewis, phytothérapeute. "C'est une excellente source de vitamine C, qui aide également à protéger les cellules du stress et contribue à la formation normale de collagène dans la peau", poursuit-il Lewis. "La vitamine C aide aussi à la régénération de vitamine E qui protège et répare votre peau."
Selon Katya Igumentseva, fondatrice d'Organic Burst, le fruit du baobab est par ailleurs excellent "pour améliorer sa concentration, avoir plus d'énergie, soutenir le système immunitaire, maintenir un système nerveux en bonne santé et booster son taux de fer".
Où l'acheter et comment le consommer ?
C'est sûr, vous n'en trouverez pas en France à tous les coins de rue. Oubliez les supermarchés et tentez les petits magasins spécialisés. Ensuite, vous le trouverez bien plus facilement en poudre (la pulpe a été séchée) que tel quel. A Paris, on en trouve par exemple dans le magasin pour vegans, Un monde vegan. Son prix? 18€ les 160 grammes de poudre. Pour la comparaison, à ce prix-là, vous pourriez acheter environ 4,5kg de pommes golden, 7kg d'ananas, 4kg de kiwis, 870 grammes de myrtille...
Si jamais vous voulez tenter l'expérience, voici quelques façons de consommer cette poudre de fruit:
en mettant deux cuillères à café de poudre dans une bouteille d'eau plate ou gazeuse
dans un yaourt
dans des sauces un peu acidulées
dans les smoothies
dans certains cocktails
dans votre pain fait maison
dans votre thé
Et pour le goût, attendez-vous à quelque chose d'acidulé, assez proche du citron.
lundi 22 décembre 2014
Comprendre l’affaire PETRO-TIM
visitez le lien siuvant svp!!!
http://creationdentreprise.sn/petro-tim-senegal-sau
Dans son discours, le Président Abdoulaye WADE s’est limité à deux affaires : l’affaire du pétrole et l’affaire du Fer, mais je vous l’ai déjà dit, je vous le répète, il y en a bien d’autres.
Affaire du Pétrole
Nous vous disions dans notre dernière conférence de presse que c’est Macky SALL qui a signé les décrets portant approbation du contrat de recherche et de partage de production d’hydrocarbures entre l’Etat, PETROSEN et PRETO-TIM Limited pour le blocs de Saint-Louis Offshore Profond et de Cayar Offshore Profond. Nous vous disions que les faits étaient incontestables et nous vous le prouvons ce jour. Ce sont respectivement le décret 2012-597 du 19 juin 2012 et le décret 2012-596 du 19 juin 2012. Nous vous en donnons des copies. Comme ça, personne ne le contestera plus. Suite à la signature de ce décret, le frère du président, Aliou SALL, mandaté par la société PETRO-TIM LIMITED à qui Macky SALL a attribué les blocs, a créé une société dénommée Petro-Tim Senegal le 4 juillet 2012 avec un apport en capital de 10 millions CFA. Nous rappelons que Preto-Tim Limited a été créée dans la même année aux îles caïman avec un capital de 50 mille dollars et immatriculée sous le numéro 265741. Le Régie de Commerce de M. SALL est SNDKR201289438 et le numéro NINEA est 004607290. Il en est l’unique propriétaire d’autant plus que la société est une SAU (Société Anonyme Unipersonnelle). Cela, aussi, personne ne peut le contester. Ce qui est étonnant c’est que dans les statuts de Petro-Tim Senegal à notre disposition, il a été noté : 1) Que préalablement à la création de sa SAU, Aliou SALL a reçu les pouvoirs de Petro-Tim limited suivant un acte sous seings privés certifié par le Consul Général de Singapore en date du 23 mai 2012. Rappelons que Macky SALL s’est installé au palais le 3 Avril 2012. 2) Que la SAU pourra se transformer en une autre société le liant, lui, Aliou SALL et ” d’autres personnes ou sociétés pouvant entrer dans la dite société par suite de cession ou création d’actions nouvelles, avec apport correspondant, et suivant un acte de transformation à intervenir alors (voir statuts de Petro-Tim Senegal) Par ailleurs, toujours selon les statuts, ” Petro-Tim Senegal a pour objet au Sénégal et à l’étranger : 1) l’exploration et la recherche pétrolière 2) la prise de participation dans tous titres miniers et pétroliers, l’exploitation, la production, le stockage temporaire, le traitement, le transport, le raffinage, la distribution, le marketing et la commercialisation d’hydrocarbures liquides et/ou gazeux. Et plus généralement, toutes opérations financières, commerciales, industrielles, mobilières et immobilières pouvant se rattacher directement ou indirectement à l’objet ci-dessus ou à tous objets similaires ou connexes de nature à favoriser son extension ou son développement
D’autres sociétés ont été créées (Petro Asia NewCo limited le 29 juin 2012 aux îles caïman, PetroAsia Resources Limited à Hong Honk et PetroAsia Limited aux îles Caïman le 11 juillet 2012). Nous y reviendrons très prochainement.
Kosmos Energy, une société américaine, dans un contrat d’affermage, s’est engagée à prendre en charge les travaux d’exploration sur les blocs de Kayar profond et Saint-Louis profond et a mis 400 millions de dollars Us, soit 200 milliards de francs Cfa, et le contrat avec l’Etat du Sénégal est signé. Ce qui veut dire que les blocs valent plus de 200 milliards de CFA car personne n’investit à perte.. Personne ne le conteste, la répartition des actions dans la nouvelle société est 60 % pour la compagnie américaine, 10% pour l’Etat du Sénégal, représenté par Pétrosen et 30% pour la société Timis Corporate. C’est le journal ” African Energy et non Abdoulaye WADE qui écrit dans son numéro du 11 septembre 2014 ” Les 30% de Timis Corporate sont obtenus par Petro-Tim Senegal, une compagnie créée par Frank Timis et Aliou SALL, frère du Président Macky SALL. Les 10 millions CFA de SALL lui rapportent ainsi au minimum 60 milliards de FCFA et certainement des centaines sinon des milliers de milliards CFA, sur le dos de la nation sénégalaise. C’est ce qu’on appelle un vol d’autant plus que ces blocs nous appartiennent à tous, Sénégalaises et Sénégalais. Nous ne nous laisserons pas faire. Personne, fut-il un Président, n’a pas le droit de voler notre nation au profit de son frère. C’est pourquoi, non seulement ils doivent nous remettre ce qu’ils ont volé mais nous demandons des poursuites pénales contre Aliou Sall, les coauteurs et les complices.
mercredi 17 décembre 2014
La reculade sur l affaire karim wade s annonce des plus belle La justice se veut libre dans son fonctionnement
L’affaire Karim Wade, qui commence à s’enliser devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), va prendre une tournure extraordinaire, dans les prochains jours. Le fils de l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, sera bientôt libéré. L’info est de taille. Et, elle émane d’un milieu assez autorisé…
Après plus de deux ans d’enquête de la section recherches de la gendarmerie et de la Commission d’instruction (Ci) de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), l’on s’achemine lentement, mais sûrement, vers une libération de l’ancien ministre des Transports Aériens, Karim Wade. En prison depuis le 17 avril 2013, le fils de l’ancien président, Abdoulaye Wade va, selon nos interlocuteurs, sortir de prison.
«La formule, la procédure, les modalités et les conditionnalités… sont à l’étude», ajoutent-ils. De la défenestration de Mimi Touré de la Primature, après le déclenchement des poursuites contre Wade fils, au limogeage spectaculaire du procureur spécial, Aliou Ndao, en pleine audience, en passant par les souhaits de Touba et le rapprochement de Me Alioune Badara Cissé, membre du pole d’avocats de défense de Karim Wade, avec le Chef de l’Etat, Macky Sall, beaucoup de jalons allant dans ce sens sont déjà posés. «L’affaire est en train de se jouer entre recherche d’artifice juridique consensuel, pression de hautes sphères de décision du pays, manoeuvres aux relents politiques, volonté d’apaisement et application pure et simple du droit», expliquent nos informateurs qui estiment que ce serait une très bonne transition pour tourner la page politico-économique qui pollue le quotidien des populations (Affaires Arcelor Mittal – Petro Tim).
Les sondes sont lancées. Quand pensera les populations? Quelle sera la réaction de l’opinion? En tout cas, le patron du journal Le Quotidien, a donné son avis sur la question. Et c’est pour défendre la possibilité de la libération de l’ancien ministre d’Etat, Karim Wade en ces termes: «Bien sûr que non! Dans tout système judiciaire pénal qui se voudrait protecteur des droits de la personne humaine, le principe de la détention provisoire de personnes poursuivies devrait être l’exception et à l’opposé, le bénéfice de la liberté provisoire devrait être la règle. La détention provisoire a surtout été instituée principalement pour des raisons de sûreté (…) Le noble souci du législateur est d’éviter la mise en détention arbitraire d’une personne. Quels dommages continue- t-on de causer à des personnes détenues pendant de longues années et qui au terme de la procédure judiciaire se retrouvent innocentées? (…)
En conséquence, il serait parfaitement compréhensible qu’un détenu comme Karim Wade par exemple puisse bénéficier d’une liberté provisoire, après quelque deux ans de détention provisoire, le temps que son procès devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) soit bouclé. Tout porterait à croire que ce procès a encore de beaux jours devant lui. Les causes des lenteurs dans le déroulement de ce procès ne sont pas toujours imputables à Karim Wade et à son système de défense. Au nom des principes de la présomption d’innocence, de la sauvegarde des droits élémentaires de la personne humaine et des dysfonctionnements constatés dans la distribution de la justice, Karim Wade devrait pouvoir bénéficier de la liberté provisoire. Une telle mesure ne préjugerait en rien du verdict qui sera prononcé par la juridiction de jugement. Ainsi, si au terme du procès, aucune charge n’était retenue contre lui, le bénéfice de la liberté provisoire aurait plus ou moins permis de limiter les dégâts».
Dans cette même veine, Me El Hadji Diouf, avocat de l’Etat dans ce procès, a déclaré dans les colonnes de Direct-info ce qui suit: «Je comprends bien mon ami et frère Karim Wade qui doit se battre pour se libérer. Je n’ai jamais souhaité à Karim Wade de passer une seule nuit en prison. J’aime beaucoup Karim. Je veux le voir sortir de prison. Mais la loi est dure. Il n’a qu’à se battre avec les armes conventionnelles».
Le commentaire est libre…
samedi 29 novembre 2014
Deal au sommet de l Etat une histoire d'une nébuleuse affaire dossier classés sans suite
WADE VEUT FAIRE ANNULER LE CONTRAT LIANT L'ETAT SÉNÉGALAIS À MITTAL
Wade veut faire annuler le contrat liant l'Etat sénégalais à Mittal
L'ancien chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade, a affirmé jeudi à Dakar sa volonté de saisir les tribunaux aux fins de faire annuler le contrat liant l'Etat du Sénégal au géant indien Arcelor Mittal, qualifiant de "nébuleuse" ce document signé par le ministre des Mines et son homologue en charge des Finances.
"Le deal intervenu entre Mittal et le Sénégal a été signé par le ministre des Mines (Aly Ngouille Ndiaye) et le ministre des Finances (Amadou Ba), alors qu'ils n'en ont pas le droit", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
Selon Me Wade, les affaires de cette nature sont d'habitude gérées par l'agent judiciaire de l'Etat, estimant que par conséquent, le contrat signé par les deux ministres doit être par conséquent considéré comme nul.
"Nous allons l'annuler. Nous allons saisir le tribunal de Dakar et le tribunal de Paris qui est compétent parce que ça été signé là-bas", a-t-il fait valoir, affirmant "l'agent judiciaire de l'Etat qui est une femme a refusé de signer".
Ce contrat "est une nébuleuse bourrée d'irrégularités", a-t-il dit, avant d'ajouter que le régime actuel a décidé d'avoir "un accord à l'amiable avec Mittal qui offre une somme X parce que jusqu'à présent c’est nébuleux".
Me Wade a dit que selon ses investigations, le conseil d'administration de Mittal avait proposé à l'Etat du Sénégal 250 millions de dollars au lieu de 150 millions de dollars, comme dit par le ministre de l'Economie et des Finances, Amadou Ba. Donc, "100 milliards de dollars" manquent, selon lui.
Réagissant aux explications fournies par le ministre des Finances à propos de l'argent et du compromis trouvé avec Mittal, Wade a expliqué "qu'en matière de recherches, les résultats appartiennent au pays et l'investisseur n'a pas le droit de rapatrier les recherches. "Mittal n'a rien, les études appartiennent au Sénégal", a-t-il insisté.
Selon lui, si on admet que "le gouvernement ait reçu 150 millions de dollars soit 75 milliards de francs CFA, nous avons le droit de savoir" où est l'argent qu'il a reçu.
"Quand on reçoit de l'argent, il faut l'affecter. Le Trésor n'a pas le droit de recevoir de l'argent liquide. Ce sera une concurrence aux banques", a-t-il fait savoir.
Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba, a assuré que le chef de l'Etat veille à ce que l’argent versé dans le cadre de son contentieux avec la société Arcelor Mittal ‘’soit utilisé à bon escient’’.
‘’ Concernant la loi de finances rectificative 2014 nous avons mis 40 milliards de francs destinés à des investissements (…) et dans la loi de finances initiale qui est actuellement en examen, nous y avons inscrit 25 milliards en ressources et c’est très clairement défini dans l’exposé des motifs (…)’’ a-t-il dit, en marge d’une signature de document conjoint de programmation avec l’Union européenne.
Selon lui, ‘’dire alors aujourd’hui que ce n’est pas budgétisé (l’argent de Mittal), les faits prouvent le contraire, par contre ce qui a changé c’est que le président de la république a veillé à ce que ces ressources soient utilisées à bon escient (…)’’.
Il a ajouté que le gouvernement ‘’est en train de veiller et payer chaque année à la société minière Kumba Resources’’ dans le cadre de leur contentieux.
‘’Donc je ne sais pas pourquoi un tribunal qui nous avait condamné à payer à Kumba Resources 90 millions d’euros, ramenés ensuite à 75 millions d’euros soit 50 milliards de francs, pourquoi le même tribunal va condamner Mittal à payer 400 milliards ou 500 milliards de francs à l’Etat, je ne pense pas que les juridictions internationales fonctionnent ainsi’’ a-t-il soutenu.
L'Etat du Sénégal avait signé un protocole le 7 juillet 2004 avec la société minière Kumba Resources. Cette dernière s’était engagée aux termes du protocole à payer au Sénégal 6,500 millions d’euros pour l’exploitation de l’or de la Falémé (Est).
Mais le gouvernement du président Wade avait rompu unilatéralement le contrat, en confiant l’exploitation du minerai de fer de la Falémé à Arcelor Mittal. Kumba Resources avait saisi les juridictions internationales qui ont condamné le Sénégal à lui payer 75 millions d’euros (75 milliards FCFA).
Invoquant des manquements de la part du géant indien, Arcelor Mottal, l’État du Sénégal avait porté l’affaire devant le tribunal arbitral de Paris, qui a rendu un jugement qui lui est favorable.
Amadou Ba a rappelé qu’il a été convenu avec Arcelor d’un paiement de 150 millions de francs à l'Etat du Sénégal et d'une évaluation des études ‘’et cela est un aspect extrêmement important, car (…) cela va permettre à l’Etat de donner cette mine à un autre investisseur’’.
‘’Les études ont été évaluées à 50 millions de dollars (…) mais en numéraire c’est 150 millions de dollars que nous avons reçu’’, a t-il ajouté.
AFFAIRE MITTAL : Voici les détails du scandale qui mouille Macky, Amadou Bâ et Aly Ngouille
Pour rappel. En 2006, Mittal a voulu faire une Opa sur Arcelor et devenir le numéro un de la sidérurgie. Mittal Steel Company a contacté le PR Wade et a proposé pour le Sénégal un contrat d’exploitation des mines de la Falémé (700 millions de tonnes de fer) et a promis d’investir 1000 milliards de dollars (500 000 milliards) au Sénégal. Suite aux manquements de Mittal, l’Etat du Sénégal sous Wade a amené le dossier au Tribunal Arbitral de Paris et demandé des dommages pour le Sénégal. Alors que une somme substantielle était attendue pour le pays, Macky SALL a brusquement interrompu la procédure et négocié directement un contrat avec Mittal.. Au final, le Sénégal aurait simplement obtenu 75 milliards FCFA et la remise d’un dossier d’étude qui aurait coûté 25 milliards F CFA, soit un total de 100 milliards soit 4% de la demande initiale. Ce qui est un véritable scandale. En plus, des incohérences existent entre les montants versés par Mittal et ceux reçus officiellement par l’Etat.
Dans ce dossier, le Président Wade a posé trois questions et demandé trois actes de transparence à Macky SALL avant d’aller plus loin. Nous nous posons ces questions et travaillons pour que le peuple sénégalais et toutes ses organisations soient informés.
1. Publier l’accord Sénégal/Mittal dans le JO avec copie à la presse
2. Publier le procès-verbal du Conseil d’Administration de la société de Mittal qui aurait dégagé 250 millions USD au lieu de 150 millions USD ou 75 milliards CFA
3. Publier les deux rapports d’expertise : Gustawson du Colorado qui a estimé 2 postes du préjudice à 1.967.314.000 dollars
4. Pourquoi l’accord-arrangement n’est-il pas signé par l’Agent Judiciaire de l’Etat, seul habilité à ester en justice, en action et en défense, qui a d’ailleurs introduit l’action devant le Tribunal Arbitral de Paris ; pourquoi ignorer ses avocats ? Pourquoi faire signer le Ministres des Mines et de l’Industrie et le Ministre des finances ?
Nous savons qu’en droit l’accord est nul et de nullité absolue pour défaut de qualité de la personne qui a prétendu engager l’Etat, donc nullité pour incompétence.
5. Combien avez-vous payé d’honoraires à votre avocat Maitre Meyer et qui a versé les 75 milliards au Trésor, Mittal ou Meyer ?
6. Combien d’argent est parti à la Banque Standard Chartered en Afrique du Sud ?
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